MODÈLES MÉDICAUX

Ce que doit être une ceinture antiptosique

Elle doit avoir un large point d'appui lombaire servant de base à un soutien suspubien et abdominal. La pression de serrage de la ceinture doit s'exercer de bas en haut sur la partie ventrale, la pression la plus forte devant s'exercer au-dessus de l'os du pubis pour aller dégressivement jusqu'au niveau de l'ombilic, il ne doit exister aucune pression au-dessus de l'ombilic à moins qu'il ne s'agisse d'un sujet gras dont les tissus adipeux ont besoin d'un certain maintien, mais alors la pression devra être toujours plus faible que Sur la région suspubienne et ombilicale.

Il n'y a pas de noms très particuliers qui divisent les ceintures anti-ptosiques suivant leur genre, malgré tout suivant leur hauteur on peut les diviser comme suit :

1° — Les sangles,

2° — Les ceintures-sangles, maillots anti-ptosiques. 3° — Les corsets-sangles et corsets-sangles antiptosiques.

La sangle

La partie ventrale de ce modèle ne doit pas dépasser l'ombilic et même a intérêt à n'arriver qu'à 2 ou 3 cm. sous l'ombilic. Elle a 14 à 16 cm. de hauteur devant, peut garder cette même hauteur sur le côté et derrière ou peut être un peu plus haute et plus longue dans le dos ce qui donne un meilleur point d'appui.

Le tissu à employer. varie suivant la conformation du sujet, pour personnes maigres, aux hanches saillantes et sensibles, on emploiera avec un coutil ou un satin simili léger, des caoutchoucs anglais, côtes à jour ou côtes fortes, Pour sujets moyens ou forts ou toute personne se livrant à des travaux un peu pénibles et fatigants, on conseillera lera le vulcanisé ou double gomme, ou le damier avec des coutils très résistants.

Le devant de ces ceintures est pourvu d'un baleinage disposé de telle sorte qu'il sert de soutien au ventre et en bas duquel vient prendre point d'appui une patte de renforcement dite patte hypogastrique ou ventrière.

Cette patte est tenue appliquée en bas du ventre par une contre-sangle qui faisant le tour du corps, vient se régler par des œillets ou des boutons à pressions sur la patte ventrière, laquelle est munie de boucles à ardillons ou de passants ou d'agrafes pour la recevoir.

Cette contre-sangle peut être faite soit de tissu de caoutchouc très fort : patte gomme, soit d'un tissu non caoutchouté : façon gomme et variant d'une largeur de 2 ou 5 cm. Le serrage de cette ceinture s'exercera soit par un laçage dorsal, soit par des pattes de tissu façon gomme, superposées qui munies ou non d'æillets se passent dans des boucles à rouleaux ou à ardillons.

Le moyen de fixation de ces ceintures est obtenu obligatoirement pour les hommes par des sous-cuisses, pour les femmes par des jarretelles. Chez certains sujets à conformation difficile sur lesquels les sangles risqueraient de remonter, il faut, en plus des jarretelles, des sous-cuisses : d'une façon générale, il faut considérer que par sa bonne coupe, la sangle doit être équilibrée pour être stable par elle-même, c'est-à-dire ne pas se déplacer quand le sujet est en position assise, car si l'on ne compte que sur la tension des sous-cuisses ou des jarretelles pour maintenir la ceinture, ceux-ci par cette tension qu'ils doivent fournir sont intolé- rables.

Les sous-cuisses

Les sous-cuisses se font d'une longueur variant de 35 à 40 cm. Ils se classent suivant les tissus dont ils sont faits :

Sous-cuisses mèches :

Ils sont faits de gros coton tricoté aux aiguilles sur une largeur de 2 cm. environ, le tricot formant à chaque extrémité 3 ou 4 boutonnières.

Sous-cuisses similis :

Ils sont également tricotés, mais au lieu du gros coton employé, on emploie un coton fin ou du simili, également il est réservé à chaque extrémité des boutonnières.

Sous-cuisses tube caoutchouc :

Ils se font d'un tube de caoutchouc dont le diamètre est environ de 8 mm. et dans lequel passe un lacet ou une coulisse qui en limite l'extension ; ils sont terminés à chaque ex rémité par une patte de boutonnières.

Sous-cuisses Barrère :

Ces sous-cuisses sont employés lorsque l'on veut une grande résistance, ils sont faits d'un tissu élastique très épais appelé Barrère. Ils sont souvent terminés par des œillets qui viennent s'attacher sur la ceinture au moyen de boucles.

Les points de fixation des sous-cuisses sont de chaque côté du milieu du devant, faisant un écartement de 3 à 6 cm. et environ à 10 cm. en arrière de la couture de hanches.

Ceintures-sangles

Sous les dénominations assez variées de ceintures, ceintures-sangles, maillots anti-ptosiques, on comprend en général des modèles qui, tout en étant plus haut et plus conséquents que des sangles, restent des modèles relativement souples ; ils sont en général enveloppant du bas, c'est-à-dire descendant en arrière jusqu'au pli fessier et enveloppant le haut des cuisses comme les corsets de toilette actuels; ils arrivent dans le haut du devant jusqu'à quelques centimètres au-dessus de la ligne de taille, ce qui leur donne, suivant la grandeur du sujet, de 23 à 28 cm, de hauteur (cette mesure est prise depuis le niveau supérieur de l'os du pubis, jusqu'en haut du devant).

Comparativement aux sangles, ces modèles sont donc sensiblement plus hauts. Alors que les sangles sont établies pour faire pression sous l'estomac, et le laisser libre au-dessus de leur bord supérieur, le rôle des maillots ou ceinturessangles anti-ptosiques est, tout en soutenant et en remontant l'estomac, de le maintenir en exerçant une pression légère.

Pour que ces modèles soient supportés, il faut que leur niveau supérieur prenne point d'appui sur une partie osseuse qui est le bas de la cage thoracique (fausses côtes), sinon chaque flexion du tronc en avant occasionnerait une pression directe très nuisible sur l'estomac ce qui serait une opposition certaine au résultat cherché.

De même que dans la sangle, la Corsetière devra discerner suivant la conformation du sujet et l'usage que l'on attend de la ceinture si elle doit employer du tissu souple ou résistant et faire sa ceinture tout en tissu, tout caoutchouc, ou moitié tissu et moitié caoutchouc et elle pourra varier de la batiste au coutil ou des caoutchoucs souples, anglais ou côtes, aux caoutchoucs forts ; vulcanisé ou damier.

Par une étude approfondie de leur coupe, par une juste répartition des pièces de caoutchouc, ces ceintures donnent leur plus fort point d'appui en bas du ventre pour faire comme il est de règle pour toute ceinture anti-ptosique, un soutien de bas en haut.

La position du baleinage sur le devant, peut contribuer beaucoup à obtenir ce soutien, ce baleinage doit toujours prendre son point d'appui en bas du ventre.

Indépendamment d'au moins un ressort ou une baleine amincis qui, placés, de chaque côté du devant, doivent obligatoirement maintenir la ceinture jusqu'en haut du devant pour éviter qu'elle ne se roule, le reste du baleinage peut être très varié.

Il peut être composé, soit de petits ressorts ou baleines placés horizontalement ou en biais faisant une plaque baleinée au bas du ventre, soit de baleines ou ressorts verticaux de différentes hauteurs. Comme dans les sangles sur le bas du baleinage peuvent prendre point d'appui des contre-sangles de soutien maintenant des pattes ventrières ou des pattes hypogastriques, le dos se baleine comme un dos de corset ordinaire, suivant la force désirée ou jugée nécessaire pour la cliente.

Le serrage de ces modèles s'opère en général par un laçage dorsal de 2 paresseuses ce qui permet de pouvoir donner plus de pression en bas qu'en haut : quoique moins esthétique et d'allure plus orthopédique, le réglage de la ceinture peut se faire avec des pattes de façon gomme superposées et des boucles.

Lorsque l'on emploie un laçage dorsal, on peut, en plus, pour éviter de passer la ceinture par les pieds la munir tout du long du devant de préférence sur le côté gauche d'une ouverture soit agrafes, soit boutons, soit crochets celluloïd. Dans certains cas où il est nécessaire d'éviter toute pression sur la région épigastrique (dilatation d'estomac ou gonflement du foie) on peut, indépendamment du laçage dorsal ou des boucles de réglage, prévoir un laçage partiel en haut et de chaque côté du devant, ce qui permettra de pouvoir élargir le haut de la ceinture et ainsi la supporter plus facilement en cas de malaise.

Corsets sangles

Leur aspect extérieur est en général semblable à ceux des corsets de toilette. Alors que dans le modèle que nous venons de voir, un renforcement de soutien est obtenu par l'adjonction sur la ceinture d'une patte hypogastrique ou d'un dispositif similaire, dans les corsets-sangles ce soutien est donné par l'adjonction d'une sangle intérieure. Dans certains cas ce mode de soutien a avantage sur les autres, il est souvent demandé par des femmes accoutumées â porter des sangles sur lesquelles elles portent un corset quelconque ce qui est peu pratique et peu. rationnel. Il peut être préféré aux autres modèles parce que plus esthétique, il dissimule complètement le dispositif de soutien ; pour certaines conformations il est plus efficace, la sangle se place mieux sous le ventre opérant un meilleur résultat.

Si, comme nous le disons plus haut, le corset-sangle donne le même aspect extérieur qu'un corset de toilette, il ne faut pas déduire que dans n'importe quelle forme de corset de toilette on peut placer une sangle ; il faut avant tout que la coupe du corset soit très étudiée pour qu'elle permette d'obtenir dès que l'on opère le serrage, un soutien de bas en haut qui concordera avec le soutien de la sangle. Il faut savoir prévoir que la sangle remontant le ventre, ce dernier doit trouver sa place dans le corset à la hauteur où il est logique qu'il soit maintenu ; il faut donc laisser assez de largeur au niveau de l'ombilic et du creux épigastrique pour éviter toute compression nuisible, on appliquera au besoin des goussets de caoutchouc.

Le corset-sangle peut être baleiné comme un corset ordinaire en veillant toutefois à ce que la partie supérieure du devant reste plus souple que la partie inférieure, toujours pour éviter une pression trop gênante sur le creux épigastrique ou sur les côtes : le serrage peut être fait par un laçage tout du long du dos ou tout du long du milieu du devant. Dans le premier cas la sangle est montée généralement fixe, dans le deuxième cas il est indispensable qu'elle soit règlable.

La sangle intérieure peut être très différente de forme et de contexture suivant l'initiative de la corsetière et naturellement suivant la conformation du sujet, elle peut être faite d'une simple bande de caoutchouc de 12 à 14 cm. de hauteur montée sur chaque couture de hanches et s'attachant par des agrafes ou des boutons au milieu du devant ou même à 10 cm. du milieu du devant.

Cette bande pourra rester droite dans le bas ou être échancrée pour dégager la pliure de l'aine, elle peut être redoublée en partie pour mieux soutenir le ventre et être munie de quelques baleines.

Différemment la sangle peut être constituée par une plaque de coutil baleinée montée avec des agrafes ou des lacets à des pattes de caoutchouc ou de tissu, piquée ellemême sur la pièce de, dos ou de hanches du corset ; si le sujet a le ventre fort on remplacera la sangle plate par une sangle un peu en forme dont l'arrondi sera donné par une couture au milieu du devant. Dans certains cas, pour donner plus de stabilité, on place sur ces sangles, des jarretelles ou des sous-cuisses.

Pour que la Cliente puisse mettre commodément son corset, bien placer sa sangle et en régler la largeur s'il y a lieu, il est nécessaire de faire au corset, en plus du laçage, une ouverture qui sera soit un busc au milieu du devant, soit des agrafes ou des boutons au milieu ou sur le côté gauche du devant.

On emploiera les mêmes fournitures que pour un bon corset de toilette et la corsetière pourra montrer son bon goût par des détails heureux de garnitures qui garderont à ces modèles une note élégante et féminine et qui feront oublier à la Cliente le caractère médical pour lequel il est conçu.

Généralités sur modèles antiptosiques

Si dans bien des cas les modèles anti-ptosiques, tels que nous venons de les décrire, sont susceptibles d'améliorer l'état de santé de sujets ptosiques, il faut penser que c'est parce que l'on a affaire à des ptoses légères chez des sujets qui ont encore assez de ventre pour servir de base à un bon point d'appui ce qui permet le relèvement de leur estomac et de leurs intestins.

Mais les ptosiques sont souvent des sujets très maigres dont l'état de santé a été rendu très chancelant par une chute complète de leur estomac, de leurs intestins et de leur rein, un compte-rendu radiologique fixera sur la gravité de leur ptose.

Pour obtenir le relèvement et le maintien en place de leurs organes, aucun modèle anti-ptosique aussi bien fait soit-il ne pourra suffire et il faudra exercer une pression pénétrante pour donner un soulèvement qui corrigera leur ptose. On aura donc recours ou à un coussin fixe ou à une pelote pneumatique dont la forme sera désignée par le Docteur.

Le modèle de ceinture anti-ptosique dans lequel sera cousue cette pelote ou ce coussin devra avoir été étudié tout particulièrement. Comme dans tous les modèles antiptosiques, la pression de serrage devra s'exercer de bas en haut, mais dans un modèle à pelote il y a lieu de veiller tout particulièrement à ce que la pression pénétrante que doit faire la pelote dans l'abdomen, ne soit pas annulée par une distension de la ceinture, distension qui peut être provoquée par un excès de pièces en caoutchouc, par une insuffisance de baleinage ou par le jeu que peuvent donner des boutons ou des agrafes.

Particulièrement dans le corset-sangle ou ceinture-sangle anti-ptosique il faudra prévoir un déplacement de la masse abdominale relevée par la pelote et laisser assez d'aisance dans la partie supérieure de la ceinture pour qu'il n'y ait aucune compression nuisible.

Il faut penser aussi que ces ptosiques gravement, atteints sont en général très souffrant, que leur sensibilité est accrue du fait de leur faiblesse et de leur maigreur et qu'il faut que la ceinture qui doit être un remède, ne leur soit pas douloureuse à supporter; il faut donc capitonner, si cela est nécessaire, la ceinture aux endroits où elle serre sur des points d'appui osseux, ce qui la rend beaucoup plus facile à supporter.

Corsets de-grossesse

Il est conseillé de porter le corset de grossesse à partir du 3e ou 4e mais: A ce mornent le développement du ventre devient apparent et la future maman commence à ressentir la nécessité d'être maintenue. Il faut là lui faire pour qu'elle y soit agréablement tenue depuis le 1er jour où elle porte, jusqu'au dernier mois où devenue très forte elle fatiguera davantage.

Le devant qui sera toujours en caoutchouc comporte souvent un double laçage latéral qui en plus du laçage du dos, permet l'élargissement nécessaire. Ce devant comporte quelquefois une large patte ventrière qui renforce le soutien du ventre ; le dos est habituellement comme un dos de corset ordinaire, prenant un point d'appui normal dans la cambrure du dos : alors que le devant doit être à peine baleiné, le dos peut avoir un baleinage assez ferme, car il sert de point d'appui de soutien. Ainsi qu'un corset de toilette,le corset ceinture de grossesse peut être assez emboîtant, il le faut prévoir assez haut devant (sans gêner sous les seins naturellement) car le ventre se développant emporte de la hauteur et il risquerait d'être trop court à la fin de la grossesse (fig. 52).

Suites de couche

Après la naissance du bébé, la jeune maman aura besoin de la corsetière, ses muscles fatigués lui laissent le ventre mou et relâché ; il est indispensable qu'elle soit très maintenue il faut songer que la plupart des maladies qui découlent des suites de couches ont pour point d'appui un relâchement musculaire occasionnant de la ptose. Il faudra donc faire un bon corset de toilette dont la coupe devra être basée sur les mêmes principes de soutien que les modèles antiptosiques et tout en exécutant un modèle très esthétique qui saura redonner une bonne ligne, on obtiendra un corset d'une forme très hygiénique qui sera très apprécié (fig. 53).

Ceinture de grossesse
Ceinture de grossesse
Fig. 52.


Ceinture suite de couches
Ceinture suite de couches
Fig. 53.

Ceintures pour obésité

Le sujet obèse est en général très fatigué par la pesanteur du ventre, ses muscles toujours tendus par la masse des tissus graisseux, se relâchent et ont besoin d'être suppléés très fortement dans leur rôle de contention.

Le modèle le plus simple qu'on peut leur exécuter est, pour homme comme pour femme, une ceinture ventrière. La ceinture ventrière a besoin d'être en tissu très résistant, soit en coutil employé double soit en ca outchouc vulcanisé ou damier, on la fait également dans un tissu très fort qui a l'aspect du caoutchouc mais qui n'est pas tissé avec des gommes, appelé tissu façon gomme, si la ceinture est faite tout en caoutchouc, le devant est en général redoublé d'un coutil, on la fait rarement tout en coutil, car il y a grand intérêt à ce qu'au moins les pièces de hanches soient en caoutchouc, ce qui permet une meilleure application de la ceinture.

La hauteur du devant varie de 18 à 25 cm., elle est toujours échancrée pour dégager la pliure de l'aine, la hauteur du dos varie de 16 à 20 cm., plus le sujet est fort, plus on a intérêt à ce que le dos donne assez de hauteur pour avoir un meilleur point d'appui de soutien.

Le ventre des personnes obèses a besoin d'être soutenu en le remontant pour en éviter la pesanteur, aussi comme on le feit pour des ceintures anti-ptosiques on mettra souvent sur le devant une patte ventrière. Le devant de ces ceintures comporte quelques ressorts ou baleines, en général au milieu du devant et de chaque côté en biais maintenant la partie latérale du ventre. Ces ceintures se ferment pour les hommes par des pattes ou des boucles à ardillons, à cette fermeture une femme préfère souvent un laçage dorsal, pour les hommes comme moyen de fixation on emploie des sous-cuisses, pour les femmes des jarretelles.

Autres modèles de ceinture contre l'obésité pour femmes.

D'après les principes de soutien des ceintures-sangles anti-ptosiques, la corsetière habile peut combiner de très bonnes formes très appréciées pour ses clientes fortes.

Elles se trouveront bien dans des corsets-ceintures dont le dos un peu haut et baleiné servira de point d'appui au devant qui tiendra le ventre sur toute sa hauteur, ceci évitera les bourrelets disgracieux qui se forment au-dessus des ceintures ventrières qui sont en général toujours trop courtes et ne peuvent tenir toute la masse abdominale.

Très souvent aussi pour les femmes fortes, on aura recours au corset-sangle, la sangle intérieure en forme se placera bien sous le ventre et le corset ayant un peu d'arrondi aux pièces du devant, dissimulera assez le ventre et donnera une assez bonne ligne tout en gardant le meilleur soutien.

Ceintures pour éventration

L'éventration peut se produire à différents endroits de l'abdomen. Si elle est consécutive à une grossesse, elle est médiane et constituée par un écartement de la ligne blanche.

Elle peut être sous-ombilicale ou sus-pubienne (épigastrique), pour bien juger de l'emplacement de cette faiblesse musculaire on fait passer le sujet de la position couchée à la position assise, on voit alors cette éventration se dessiner très nettement par la poussée du ventre qui laisse apparaître une masse plus ou moins variable suivant la gravité de cette éventration, ceci indique donc très nettement l'endroit à soutenir.

On ne peut pas en général, pour contenir une éventration, se contenter d'une sangle, l'éventration se trouvant très souvent au-dessus du niveau de la sangle, il faut donc avoir recours à une ceinture-sangle qui aura les mêmes principes de soutien qu'une ceinture anti-ptosique mais dans laquelle on placera des plaques baleinées, ou des pattes ventrières, ou des coussins, pour la bonne coritention de l'éventration.

Pour l'écartement de la ligne blanche, il faudra éviter les coussins épais qui auraient tendance à s'insinuer dans l'écartement formé par les muscles distendus et à exagérer cet écartement, on fera souvent un coussin dit en gouttière, c'est-à-dire creux au milieu et composé de bourrelets de chaque côté, dont la pression rapprochera les muscles.

Les autres éventrations sont en général consécutives à des cicatrices opératoires et situées à différents endroits de l'abdomen suivant l'emplacement de la cicatrice ; ces éventrations peuvent suivant la façon dont s'est maintenu le sujet après son opération, suivant surtout le mauvais état des muscles prendre des proportions alarmantes.

D'après le volume de la masse abdominale visible lorsque le sujet est debout, on dira que cette éventration est de la grosseur d'une orange ou de la grosseur de la tête d'un enfant, etc... Plus l'éventration est forte, plus il faut une grande résistance à la ceinture pour la maintenir.

Il faut que le serrage en soit fait le sujet étant couché. Dans cette position, toute la masse abdominale reprenant sa place normale, le coussin dont est munie la ceinture viendra oblitérer l'orifice de l'éventration.

Ce qui permettra au sujet de pouvoir se relever et de se trouver maintenu sans avoir aucun risque d'aggravation.

Il est entendu que ce coussin doit être de dimension supérieure à celui de l'éventration à maintenir et sera établi soit en peau ou en velours bourré de laine ou de crin et souvent renforcé d'une plaque d'aluminium pour donner un peu de rigidité.

Corsets d'enfants

Pour la petite fille normale qui a une bonne tenue, on peut faire un petit corset ceinture, le devant en sera fait de caoutchouc souple et sera sensiblement plus court que le dos, ce dos fait en coutil épousera la cambrure du dos très marquée chez les petites filles et sera assez baleiné. Le devant devra rester très souple, maintenu au besoin simplement par des ganses. Il est très important que le point d'appui de ce petit corset, soit sous le ventre et que le thorax soit entièrement dégagé. Ce petit corset peut avoir un laçage dorsal et un boutonnage au milieu du devant ou un laçage au milieu du devant et un boutonnage sur le côté du devint.

Au bas de ce corset on mettra des boutons qui permettront de mettre alternativement des jarretelles ou des sous-cuisses, suivant que la fillette portera des bas ou des chaussettes.

Ceinture maintien sport pour enfant
Ceinture maintien sport pour enfant
Fig54.html

Des fillettes anémiées qui grandissent trop vite, sont quelquefois amenées par leur maman qui s'alarme de leur voir prendre les plus mauvaises attitudes ; leurs muscles fatigués ne leur donnent pas sans effort de volonté, la possibilité de se tenir, sans promettre à leur maman qu'un corset de maintien peut leur redonner une attitude parfaite, on peut toutefois le leur exécuter pour qu'il soit d'un grand secours, mais il faut rappeler aux mamans qu'une bonne gymnastique appropriée doit être faite journellement pour rééduquer les muscles et que le corset qui leur servira de tuteur ne peut être qu'un complément de traitement. Ces fillettes ont en général le thorax creux, le ventre ressorti, des omoplates saillantes, souvent leur cambrure dorsale s'accuse. Si l'on place les deux mains pour lui soulever son ventre, l'enfant se redresse et momentanément reprend une attitude normale, ce qui prouve la nécessité de prendre le dessous du ventre comme base de soutien.

La coupe du corset devra donc être faite dans ce but, si le devant est en caoutchouc, ce caoutchouc pourra être renforcé à sa partie inférieure, de toute façon, il devra toujours serrer plus sous le ventre qu'au-dessus de l'om- bilic.

Le dos, en coutil, très haut, bien baleiné, appuyant sur les omoplates doit former, sans l'exagérer, la cambrure de taille, sous l'aisselle on fera partir des épaulettes qui contournant les bras, viendront, en passant sui, l'épaule et venant faire une pression sur les omoplates, se recroiser derrière, obligeant ainsi l'enfant à rejeter ses épaules en arrière.

Pour qu'elles soient faciles à supporter dans la partie qui passe sous les bras, ces épaulettes sont faites en général

Grand corset dissimulateur
Grand corset dissimulateur
Fig. 55.


d'un tube de caoutchouc ou d'une grosse ganse molle appelée mèche et recouverte de velours, de peau ou de tricot. De même façon on exécute l'emmanchure des épaulières qui sont des plaques de coutil baleiné, que l'on préfère, quelquefois aux épaulettes et qui se placent indépendamment sur le corset recroisant dans le dos et donnant également un tees fort maintien des omoplates.


Fig. 56.

On peut faire à ces corsets un laçage tout du long du dos, mais si ce qui est assez fréquent, l'enfant a une cambrure

Fig. 57.
Fig57.html

Ceinture maintien de fillette
Ceinture maintien de fillette
Fig. 58.


dorsale exagérée, il est préférable de faire un laçage tout du long du devant, dont le mouvement de serrage la fera se rejeter en arrière et atténuera un peu cette cambrure.

Comme dans le corset-ceinture pour enfant, des boutons placés devant et sur le côté, permettront l'adjonction alternativement de sous-cuisses et de jarretelles. Si l'enfant présente un léger début de scoliose, on peut placer, du côté où l'enfant se cambre et où la hanche est plus apparente, un ressort plus fort sur la couture de hanches ce qui lui rendra très facile la possibilité de se pencher de ce côté, mais dès que la scoliose paraîtra prendre un caractère plus sérieux, il faudra que la corsetière conseille vivement à la maman de voir un Docteur qui devra juger si le corset est suffisant ou si l'enfant ne doit pas porter un appareil plus sérieux qui dérive alors de l'orthopédie.

Anatomie et physiologie élémentaires se rapportant aux notions d'hygiène indispensables à l'étude du corset.

Par Mlle C. Mossé
Sage-Fèmme en Chef de la Maternité de Paris.

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Définition: Le corset est un appareil qui s'applique ue d'une façon â peu prés immédiate sur une partie du corps humain qui s'appelle le tronc.

Son rôle : C'est de soutenir et même de protéger certains organes qui occupent cette région.

Par les rapports intimes du corps et du corset, il nous apparaît indispensable que les personnes, destinées à la confection et â l'application du corset, aient des notions élémentaires mais précises de ces deux sciences qui s'apllent l'anatomie et la physiologie du corps humain, afin qu'elles soient préparées à envisager leur art â un point de vue hygiénique : elles sauront ainsi concilier les exigences de la mode avec celles de la santé.

Lorsque la corsetière prend des mesures ou fait un essayage, le tronc du sujet lui sert de mannequin, mais il faut qu'elle, sache, avant tout, que le corps humain et le mannequin se différencient par deux faits

1er Fait : Le corps est composé de tisstis vivants et ces tissus sont de deux sortes :

A) Les tissus durs (os), irréductibles dans, certaines régions : le bassin ; réductibles dans d'autres, régions : les côtes flottantes et même le thorax.

B) Les tissus mous : peau, muscles et organes, compres- sibles et, par conséquent, trop facilement susceptibles d'être lésés.

2e Fait : Sous les formes et dans ces tîssus modi à la pression s'accomplit une série d'actions qui nous. font vivre (vie végétative).: digestion, respiration, circulation, etc.

Ces différents actes entretiennent non seulement notre bon état de santé mais président aux fonctions principales de notre organisme : fonctions de nutrition, de relation et de reproduction. Il faut donc qu'ils s'exécutent avec une précision comparable à celle d'une pendule dont la fragilité mérite la même comparaison.

Voilà les points essentiels que la corsetière ne doit pas ignorer quand une cliente vient la trouver, car un des trois cas suivants peut se présenter

1er Cas : Il s'agit d'une femme normale, demandant au corset d'être un appareil sustenteur de ses organes et, de ses vêtements, mais possédant suffisamment de notions d'hygiène pour savoir ce qu elle peut attendre d'un corset bien construit.

2e Cas : C'est une femme coquette, qui vous demandera un corset à la mode, quelles que soient la ligne et la mode.

3e Cas : C'est. enfin une femme malade, désanglée, à qui son médecin a ordonné le port d'un corset qui. doit soutenir et même remonter des organes abdominaux qui se sont déplacés.

Dans les trois cas vous tirerez certainement un résultat des connaissances d'anatomie et de physiologie que nous voulons vous enseigner ici pour vous donner plus d'assurance et de maîtrise dans la technique de votre art.

L'anatomie est l'étude des parties qui constituent le corps humain, elle sert de base à la physiologie qui est l'étude des fonctions du corps humain.

Ici les notions d'anatomie et de physiologie applicables à l'hygiène du corset comporteront quatre chapitres.

1er CHAPITRE. — La charpente du tronc qui fait partie du squelette (charpente du corps humain). 2e CHAPITRE. — Les Muscles qui tapissent cette charpente et qui sont les enveloppes qui recouvrent les os. 3e CHAPITRE, — Les organes contenus dans le tronc, leurs fonctions et leur rôle pour maintenir l'équilibre de la bonne santé. 4e CAFETIERS. — L'étude des formes extérieures du corps humain.